Immigrer au Canada et … au-delà !

Depuis plusieurs mois, je reçois de plus en plus de demandes d’information pour immigrer au Canada et en particulier au Québec. J’ai pensé que cela vous intéresserait peut-être de connaître les conseils que je donne.

Quelles que soient les raisons pour lesquelles on quitte son pays d’origine, croire que le plus dur est d’obtenir un visa est une grosse erreur. Mais avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que ce billet ne concerne pas les expatriés qui viennent dans le cadre d’une mutation ou ceux qui font leurs études à l’étranger puis décident d’y rester mais ceux qui immigrent. Il est clair qu’un expatrié ou un étudiant est dans un contexte beaucoup plus favorable que l’immigrant parce qu’il est déjà sur place.

J’ai quitté la France il y a 10 ans …en septembre 2003 et depuis octobre 2009, je suis citoyen canadien donc maintenant franco-canadien voire … canado-français !

Voici les questions qu’on me pose souvent pour le Canada et je vous laisse voir si cela s’applique “au-delà” du Canada 😉

1 – Canada ou États-Unis ?

Les États-Unis sont un pays économiquement et socialement sinistré depuis octobre 2008. Ce n’est vraiment pas le bon moment pour venir sauf si vous avez des compétences rares ou si le fait d’être Français est un facteur important (arts, restauration,…). La priorité est aux emplois pour les Américains. Les visas sont et ont toujours été très difficiles à obtenir. Au Canada, c’est plus facile surtout si vous passez par la Délégation Générale du Québec à Paris : visa de résident permanent en 6 mois aux dernières nouvelles. Cependant, le Canada choisit ses immigrants en fonction de l’âge, des diplômes et de plein d’autres critères. Le visa n’est donc pas donné automatiquement.

2 – L’immigration économique, est-ce une bonne idée ?

L’immigration pour des raisons économiques est une opération dangereuse culturellement et climatiquement. Un pays, c’est aussi une culture et un climat. Si vous ne supportez pas le froid, ça finira par vous taper sur le système. Il faut aussi entrer en résonance avec la culture du pays (ses valeurs). Une valeur, cela se manifeste par une certaine façon d’agir et de penser. Les Canadiens ont une culture nord-américaine bien différente de la culture française. Une culture, cela induit des comportements et l’attente du pays d’accueil que vous ayez des comportements similaires. Comme je ne crois pas beaucoup dans la capacité des gens à changer de comportements spontanément surtout dans le stress d’une immigration, il vaut mieux conscientiser les différences culturelles avant de partir.

En résumé, quand on immigre pour de mauvaises raisons économiques, on rentre au pays pour de bonnes raisons culturelles et climatiques.

3 – Le fromage ?

Il coûte très cher et le choix est restreint. Pour le vin, ça ne manque pas mais il est très taxé au Canada et donc très cher. Je n’ai pas vu de Français repartir à cause de ça mais s’en plaindre sans cesse ! L’importance de la bonne bouffe, ce n’est pas un mythe 😉

4 – Quid du réseau social ?

Immigrer, c’est perdre tout son réseau relationnel. Bien sûr, vous gardez votre réseau dans votre pays d’origine. Enfin, vous le garderez un certain temps parce que loin des yeux, loin du coeur. Au bout de 2 ans, votre réseau aura bien diminué puis au bout de 5 ans, pas sûr qu’on se souvienne de vous !

Dans votre pays d’accueil, votre réseau commence à zéro et il faudra des mois et des années pour le créer. C’est pourquoi les expatriés et étudiants ont un gros avantage sur les immigrants.

C’est en immigrant que j’ai vraiment compris ce qu’était un réseau social et surtout son importance pour trouver du travail, vendre son expertise. Faute de réseau social, si vos compétences sont peu différenciatrices, que l’offre d’emplois est inférieure à la demande, préparez-vous à des mois de recherche d’emploi et, au Québec, il y a des employeurs qui demandent parfois une expérience “québécoise”. Il faut dire qu’un nombre certain voire un certain nombre de Français repartent dans les 3 premières années.

Si votre recherche d’emploi dure trop longtemps, préparez-vous à redémarrer en bas de l’échelle. En ce moment, le contexte économique est favorable à l’embauche mais c’est toujours plus dur pour les immigrants. Cela dit, il y aura environ 700.000 emplois à pourvoir au Québec d’ici 2012.

5 – Est-ce que je peux immigrer en restant chez moi ?

Vous connaissez le dicton : le beurre et l’argent du beurre. Et bien, ça ne fonctionne pas non plus très bien pour l’immigration. C’est sûr que c’est l’idéal. L’idée est d’être une sorte d’expatrié rétroactif !

Peu d’employeurs accepteront de vous recevoir en entretien de recrutement ( sauf pénurie de main d’œuvre grave ou compétences rares) si vous n’avez pas un visa de résident permanent (qui demande au minimum 6 mois de procédure). Si vous êtes pressé, il n’est pas très efficace de faire des reconnaissances en saut de puces, il faut faire le grand saut. Il y a du travail ici pour ceux qui veulent travailler et qui ont immigré pour de VRAI ! Si vous n’êtes pas pressé, c’est une bonne option d’attendre chez vous… le miracle 😉

6 – Lost in translation ?

Beaucoup de Français immigrent au Québec parce qu’on y parle leur langue maternelle. Ils ont raison. Immigrer est un gros changement, autant ne pas tout changer en même temps : pays, amis, boulot, langue, réseaux sociaux,… Plus vous changez de choses en même temps, plus vous augmentez votre temps d’intégration, plus vous aurez de problèmes, plus vous risquez de prendre un vol retour quelle que soit votre motivation initiale. Vous changez déjà de pays, essayez de vous limiter à ça !!

A moins d’être bilingue, je déconseille d’immigrer dans une province anglophone.. sauf si c’est pour être professeur de français !

7 – Montréal ou Québec

A mon avis, Québec est une des plus belles villes d’Amérique du Nord mais c’est une ville “administrative” avec beaucoup de ministères et l’éco-système qui va avec. Montréal est la capitale économique du Québec, il sera statistiquement plus facile d’y trouver un travail ou d’en retrouver un 😉

8 – Vous avez plus de 50 ans, vous êtes au chômage : immigrer ou ne pas immigrer, telle est la question ?

Voilà ce que j’ai observé pour les plus de 50 ans qui ont du mal à retrouver un emploi salarié et ce que je leur réponds quand ils me contactent en me parlant immigration comme solution au problème :

Voici vos options :

– Vous vous acharnez et vous finirez tôt ou tard par réussir… quitte à ce que ce soit un marathon…
– Vous devenez consultants-experts mais attention il y a des bataillons entiers de cadres supérieurs qui ont déjà eu cette idée, plus ceux qui sont consultants depuis le début de leur carrière. Le métier de consultant, ce n’est pas être juste l’expert “qui sait” ! Il s’agit d’un vrai métier qui s’apprend et une réputation qu’il faut construire sur plusieurs années (autour de 10 ans).
– Vous créez votre entreprise : créer de la richesse pour vous et votre pays. De toutes les options, c’est ce que je vous recommande ! Prenez votre destin en main…
– Vous immigrez à Montréal ou dans une autre province si vous êtes bilingue 😉 Mais attention au 2ème point de ce billet concernant l’immigration économique…

9 – Je voudrais immigrer et postuler pour un poste de consultant

Si c’est un poste de consultant junior, pourquoi pas ! Par contre, si vous êtes consultant senior, ce sera très difficile sauf si vous avez une expertise rare ou une grosse notoriété.

Il faut prendre conscience que le commercial dans le consulting est fondé sur un réseau relationnel qu’on perd quand on quitte son pays. C’est une vente intuitu personae et non sur un produit. Un senior ne peut pas être juste un producteur, il doit aussi vendre. La marque personnelle des consultants est aussi voire plus importante que la marque corporate du cabinet de conseil. Un consultant junior peut s’abriter derrière la marque et les références de la société. Pas un consultant senior.

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Ce billet n’est pas exhaustif, ce sont les questions dont je me souviens. Ce billet n’est pas non plus le reflet exact de la réalité puisque ce sont mes observations personnelles et qu’il est clair que je ne sais pas tout et qu’il y a toujours des exceptions au cas général.

Je vous invite à partager dans les commentaires votre vécu ou vos interrogations. Et, si vous avez des conseils, allez-y !

Author: Olivier Zara

www.olivier-zara.com

28 thoughts on “Immigrer au Canada et … au-delà !”

  1. Bonjour Olivier

    Très bon article, qui résume bien les différentes questions que les gens peuvent se poser avant d’immigrer.

    Je me permets de te signaler que depuis la France, les délais pour le visa de résident permanent au Québec sont autour des 8 mois pour la
    partie Québec et 12 mois pour la partie Canada. Il y a en effet 2 étapes dans la demande, une au niveau du Québec pour vérifier tout ce qui concerne les études et expériences pro, et une au niveau du Canada pour tout ce qui va être santé et judiciaire.

    Il y a eu beaucoup de déceptions autour de ça ces derniers temps donc je voulais le préciser.

    Par contre, cela peut grandement s’accélérer pour les infirmières notamment, leurs demandes étant prioritaires. Je connais notamment
    une personne ayant reçu son CSQ (certificat de sélection du Québec) avant de recevoir l’accusé de réception du dossier !

    Dans le cas d’une personne souhaitant immigrer au Québec directement, on se retrouve avec un délai de 8 + 12 = 20 mois minimum, sauf s’il y a une compétence recherchée.

    Dans le cas d’une personne souhaitant immigrer côté anglophone, on ne passe plus pas l’étape Québec, et là on descend à 12 mois minimum. Mais il faut maîtriser l’anglais.

  2. Le point 6 est particulièrement important pour tout ceux qui souhaitent s’installer au Québec, la langue commune est un piège car cela donne l’impression que l’on partage les mêmes valeurs sociales, ce qui conduit, dans certains cas, à un échec qui aurait pu être évité. Bien analyser le pays d’accueil, avec le bon filtre, et prendre son temps avant d’en tirer des conclusions et/ou des jugements.

  3. Bonjour

    Merci de cet article Olivier. Tu as raison, l’essentiel n’est pas de partir mais d’arriver.

    Combien de temps pour immigrer ? 9 mois ? 20 mois ? A mon sens, il est difficile de généraliser, car chaque candidat à l’immigration se trouve dans une équation personnelle complexe, professionnelle, familiale.

    En tous cas, je crois volontiers que plus la situation est complexe, plus le process est long.

    Mais au fond, n’est-ce pas le temps nécessaire pour affirmer sa volonté d’immigrer (immigrer pour de vrai, comme tu dis) et de construire un projet de vie qui tienne la route ?

  4. Super intéressant cet article. Juste des petites précisions :
    – Il y a d’autres visas qui permettent de partir au Canada : le PVT (Programme Vacances-Travail – le plus prisé mais il y a des quotas annuels), le visa de travail temporaire (dur à obtenir de France car c’est le futur employeur qui le paye et qui fait les démarche)…
    Donc la formule pour partir rapidement (-35 ans) : PVT, trouver un travail, se rendre indispensable et continuer sur un visa de travail, pendant une éventuelle demande de résidence temporaire. (surtout que cette technique vous permet d’avoir plus de points à votre dossier de résidence permanente.)
    – En étant Français, on part avec un handicap, ils ont souvent eu beaucoup de mauvaises expériences de Français qui sont arrivés en disant : “Je vais vous montrer comment il faut faire”. La première expérience québécoise est très importante (même si vous travaillez comme vendeur dans un magasin et que vous recherchez un poste de direction, on ne vous en tiendra pas rigueur).
    – 70% des offres d’emploi ne sont pas affichées mais sont comblées par le bouche à oreille. L’objectif en arrivant au Canada est de créer son propre réseau, assister à des 5 à 7 (conférence thématique)
    – Les employeurs n’hésitent pas à appeler vos anciens employeurs ou collègues, même en France. Avant de partir, assurez-vous de trouver des références en France qui peuvent plaider votre cas.
    – Il y a une énorme différence culturelle relationnelle, la critique positive. En France : “Ce que tu as fait, c’est n’importe quoi ! Recommence”. Au Québec : “C’est bien ce que tu as fait, mais je pense que tu peux améliorer…”

    Il y en aurait beaucoup à dire 🙂

  5. Très instructif, merci Olivier. Immigrer est un vrai projet de vie et ça se prépare rigoureusement a ce qu’il semble. Je suis bien d’accord avec toi que les réseaux sociaux sont d’abord physiques ….

  6. Bonjour, j’aimerais vous poser d’autres questions concernant l’immigration depuis la France 🙂
    J’ai besoin de conseils et surtout je m’inquiéte pour mon dossier !
    Merci pour vos conseils déja présent sur votre blog !

  7. Bonjour,

    Je viens de découvrir votre site qui me paraît présenter une vision très juste et pragmatique sur l’immigration au Canada et si vous permettez je voudrais vous faire part de ma petite expérience, voilà Montreal recherche enormément d’educateurs spécialisée donc il n’y a que l’embarras du choix; pour peu que l’on soit motivé et que l’on est un peu d’expérience.
    Ici, notre diplôme correspond à un DEC= diplome d’etudes collégiales n’hésitez pas à faire vos équivalences de diplômes avant de partir.
    Ma formation je l’est déniché à partir d’un moteur de recherche de formation http://www.forma-search.com/

    je vous souhaite bonne chance

  8. Bonjour Olivier,

    Je découvre ton blog et cet article en même temps, je suis au Canada depuis 4 ans et tout juste détenteur de la Résidence Permanente.

    Juste confirmer ce que tu dis, effectivement le beurre et l’argent du beurre. Non on ne peut pas l’avoir et c’est bien dommage que certaines personnes ne s’en rendent compte que très tardivement.

    Je rencontre beaucoup de Français qui ont dû repartir en France n’ayant pas trouvé de travail, pensant qu’il aurait été facile de trouver ici.

    Aussi, si tu souhaites aider tes lecteurs sur le PVT, je viens de publier une vidéo qui explique tout de A à Z.
    http://reussiraucanada.fr/2012/07/video-presentation-guides-reussir-au-canada-enfin-disponibles/

    Merci.
    @+

  9. Bonjour Olivier,
    De belles informations et des vérités toutes crues.
    Cela fait plus de 15 ans que je vis au Québec. Je reçois régulièrement des français qui viennent s’y installer. Beaucoup réussissent. D’autres pour mille et une raisons échouent et repartent. Les causes sont – à mon avis – dans le manque de préparation à partir et à repartir. Partir de France à un moment oû la crise économique fait rage. Repartir de zéro – j’emprunte l’idée à un autre immigrant d’origine algérienne (voir le blog ”Convergences Plurielles” – Repartir du zéro pour se refaire une vie, ici au Quéebc ou au Canada c’est selon.
    L’auteur de ce blog qui développe ses prérigrinations en Amérique du Nord en a lancé un second sous le titre ”Intégration et Insertion”, il parle d’emploi, de contraintes, d’astuces, etc.
    Vos blogs se complétent…par leur contenu. Les nouveaux arrivants devraient les consulter avant de se lancer.
    Salutations,
    Francine.

    http://integrationetinsertion.blogspot.ca/

    http://www.convergencesplurielles.com/

  10. Excellent article, j’ai appris plein de choses. Bien que pétrifié de peur de tout abandonner, je souhaite réellement venir travailler au Québec pour apprendre et reçevoir à tout point de vue : professionnel & personnel.

    Merci.

  11. Tout le monde a oublié un sujet important:
    La santé. Si tu es en mauvaise santé ou à risque. C’est pas la bonne destination!

    Si tu n’as pas d’amis en France, et que tu crois qu’ici les gens sont plus friendly (si si j’en ai vu qui sont venus pour ca) : C’est pas non plus la bonne destination!

    Je me souviens encore de la première phrase que le premier québécois que j’ai rencontré m’a dit : “Vous allez vite découvrir la fausse sympathie des Québécois! Bon courage!”

    😉

    Venez au Québec pour vous ouvrir sur le monde et découvrir une autre culture (et même d’autres cultures).

    Si tu pars fâché contre la France, au pire, tu l’apprécieras plus en rentrant.

    C’est donc un bon deal! Enjoy

  12. Bonjour,
    Merci pour ces informations et conseils.
    Voilà, j’ai 54 ans. J’habite et travaille en France. J’ai un travail qui me plait et je gagne bien ma vie même si je vis loin de mon épouse la semaine. Je suis un français “heureux”. Si, si, il y en a ! Il y a une quinzaine d’années j’ai passé 2 ans aux USA avec ma femme et mes 3 enfants en expat. C’était une super expérience. Aujourd’hui on me propose un poste très intéressant et très bien payé à Monréal. Si j’accepte je devrai quitter mon job actuel, ma femme me suivra ainsi que mon dernier fils (très heureux à la perspective d’aller au Canada). Je suis très attiré par découvrir autre chose après cette expérience aux US. Montréal est une ville que je connais. Mais c’est très difficile de se décider par la peur du risque et de la difficulté d’adaptation.
    Un avis ou conseil ?
    Jacques

    1. @Jacques

      Difficile de donner des conseils….

      1. High risk = high return ou low return?

      2. Montréal est une ville facile pour les expatriés francophones (langue, commerce, resto et communautés d’expat !). La difficulté d’adaptation peut cependant exister (climat en particulier) mais elle est surtout liée à son tempérament (traits de caractère, niveau de résistance au changement personnel,…).

  13. bonjour j ai 51ans et j ai un diplome tunisien de technologue en radio diagnostic je beneficie de 24 ans d experiences dans ce domaine je voudrai immigrer au canada pour faire l equivalence de mon diplome et trouver un travail au sein d une clinique merci de votre collaboration amicalement raja

    1. @Raja

      Le secteur médical est en demande donc c’est plus facile de trouver du travail au Canada. Mais attention, c’est une immigration choisie. Plus on avance en âge, plus on approche de la retraite et des problèmes de santé, plus on perd des points.

  14. bonjour, j’ai une fille de 20mois et mon mari et moi nous comptons aller au canada reprendre nos etudes et pourquoi pas y travailler. Sachant que j’ai la nationalité française et lui malgache(nous vivons a madagascar) est ce que ce serait beaucoup plus difficile avec un enfant de bas age? merci

    1. @Tonia

      Avec l’argent, tout est facile. Vous n’aurez pas accès aux garderies à 7 dollars par jour avant 12-24 mois environ. Il y a des listes d’attente et en général, on inscrit les enfants durant la grossesse ! La facture pour garder votre enfant peut monter à 40 dollars par jour. C’est un gros budget…

    1. @Bunet

      Je ne pense pas que ce soit écrit explicitement parce que c’est au cas par cas mais il est probable qu’à cause des soins de santé, les seniors perdent des points (immigration choisie).

  15. Ma question est
    Combiens de points l immigration accorde pour la visite du quebec
    Et si je vis te le Canada plusieurs fois est ce que a chaque fois je aurais des points merci

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