
Les éléments de cet article sont extraits du livre L’intelligence collective pour sauver la planète – https://amzn.to/4gq9S1r
>>> La peur est abordée sous l’angle de la crise climatique <<<
Faut-il faire peur pour passer de l’inaction climatique à l’action ? La réponse à cette question fait l’objet de controverses. Nous vous proposons de répondre à cette question à travers 3 phases :
Phase 1 : avant la peur, nous sommes sereins parce que nous sommes ignorants. Dans certains cas, l’ignorance résulte des lobbys. Ils sont connus pour avoir créé le doute sur le tabac, le sucre, les pesticides, mais leur plus grande victoire est d’avoir réussi à convaincre certains dirigeants politiques que le réchauffement climatique résultait principalement de phénomènes naturels.
Phase 2 : de plus en plus de médias informent les citoyens et diffusent les faits scientifiques. Cela crée une peur que nous pourrions nommer peur de type 1. L’émotion (la peur) nous met en mouvement. À titre d’exemple, elle m’a conduit à écrire ce livre ! Cette peur ne peut pas exister si nous minimisons la gravité de la situation sous l’effet du biais de l’excès de confiance. Il faut dire toute la vérité, même si elle est effrayante, pour créer ce mouvement. Cette peur nous fait passer de l’inaction à l’intention d’agir.
Phase 3 actuelle : nous cherchons des moyens d’agir en commençant par les petits gestes, adhérer à des associations, mais surtout en augmentant notre niveau d’information sur la crise climatique. Il n’est plus question de rater ce documentaire sur la montée des eaux ou l’interview de cet expert des gaz à effet de serre. Malheureusement, mieux nous sommes informés, plus nous réalisons qu’un problème mondial nécessite une solution globale, que les pays les plus responsables sont ceux qui agissent le moins, que l’égoïsme national a plus de chance de succès qu’une augmentation rapide de l’altruisme mondial, que nos petits gestes sont finalement insignifiants face à l’ampleur du désastre annoncé. Petit à petit, nous sommes envahis par le sentiment d’impuissance. Nous sommes certes en mouvement, mais rapidement, nous constatons l’immensité des défis, l’inertie mondiale et surtout la nécessité d’une transformation radicale de nos modes de vie. Nous atteignons à ce moment-là les limites psychologiques et politiques : biais cognitifs, égoïsme, autocratie. La peur combinée au sentiment d’impuissance devient alors une peur de type 2 : l’intention d’agir de la phase précédente se transforme assez vite en résignation, donc en inaction. La peur de type 2 est une « peur paradigmatique ». Alimentée par un déluge de faits scientifiques, elle risque de nous tétaniser au lieu de nous inciter à agir.
Phase 3 proposée dans ce livre : nous vous proposons d’utiliser ces faits scientifiques comme un simple élément contribuant à un processus de co-construction d’un futur désirable au niveau local. Avec cette approche, nous augmentons nos chances de passer de l’intention d’agir à l’action parce que nous pouvons obtenir assez rapidement des résultats dont nous sommes les principaux bénéficiaires.
Quand vous écoutez les scientifiques, ils communiquent presque tous de la même manière, en 2 étapes : (1) partager des faits qui font peur parce qu’il est question d’une planète bientôt inhabitable, puis (2) demander aux gens d’agir rapidement en faisant tout l’inverse de ce qu’ils font depuis le début de leur vie : ne plus prendre leur voiture ou l’avion, arrêter de manger de la viande et consommer uniquement ce dont ils ont besoin (sobriété), alors que nous consommons tous ce dont nous avons envie (gaspillage). En réalité, ils se limitent à dire qu’il faut réduire les gaz à effet de serre, mais très vite, nous comprenons qu’il s’agit d’un changement RADICAL dans nos modes de vie. À ce moment-là, la peur devient une peur paradigmatique et peut conduire à la résignation. Le même mécanisme s’applique aux fumeurs : « Il faut bien mourir de quelque chose ».
Si cette stratégie était efficace, nous pourrions observer un mouvement mondial qui nous conduit sur la bonne trajectoire. Depuis plus de 20 ans, dans les grands médias, nous écoutons les scientifiques prédire une catastrophe, pour quel résultat ? La folie consiste à faire toujours la même chose, puis de s’attendre à un résultat différent.
Ce livre nous invite à une approche plus holistique et systémique, à différencier les peurs de type 1 et 2, mais surtout, il propose des modalités d’action alternatives qui s’appuient sur l’intelligence collective. La proposition centrale de ce livre pour les furieux, les déterminés et les courageux est de les inviter à mettre en action ceux qui sont dans l’inaction par la co-construction d’un futur désirable, en mobilisant l’intelligence collective plutôt qu’en agitant des faits scientifiques alarmants qui risquent de tétaniser les anxieux et les résignés si la conclusion est qu’il faut changer radicalement de vie. Pour motiver les citoyens à participer à cette co-construction, nous proposons de concentrer les efforts au niveau de villes franches, espaces d’innovation publique, qui seront présentées dans un prochain chapitre.
Nous avons donc besoin d’une démarche de co-construction à travers l’architecture des décisions complexes (enjeux climatiques) qui est présentée dans ce livre : L’intelligence collective pour sauver la planète.
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