Faut-il nous déciviliser ?

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Je vous présente mes meilleurs vœux pour 2017. Pour bien démarrer l’année, un peu de prospective ne peut pas faire de mal. Voici un excellent billet de Philippe Vallat pour prendre un peu de recul sur notre monde : Continue reading “Faut-il nous déciviliser ?”

Le pouvoir rend fou… et la richesse aussi ?

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Grâce à Martin Lessard, j’ai découvert une vidéo au sujet de l’impact de l’argent sur notre comportement.

Qu’on soit un dirigeant d’entreprise ou politique, on sait que le pouvoir induit des comportements déviants qui mènent parfois à ce qu’on appelle l’abus de pouvoir. Dit autrement : le pouvoir rend “fou” !

Cela ne concerne pas que les dirigeants au sommet de la pyramide. On trouve aussi des collaborateurs qui souffrent des “petits chefs” ou “chefaillons”. L’abus de pouvoir est le bien commun de tous ceux qui possèdent un morceau de pouvoir. Continue reading “Le pouvoir rend fou… et la richesse aussi ?”

Le bilan de Copenhague par Corinne Lepage

Un bilan décapant de Corinne Lepage sur le sommet de Copenhague à voir sur Terre.tv :

Et un article sur l’échec de Copenhague, à lire sur Slate.fr qui en remet une grosse couche !

Je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes de fin d’année !

Les dirigeants politiques français aiment les chips !

Une interview très intéressante de Malek Boutih sur France Info :

Le titre de mon billet est inspiré d’un passage de l’interview. Question de David Abiker : Vous pensez à quelles industries ?

.. moi je me souviens très bien d’une anecdote, c’est il y a quelques années pendant l’été, il y avait une usine de chips… qui avait mis la clé sous la porte et toute la classe politique s’était mobilisée en disant que ce n’était pas possible on ne pouvait pas abandonner cette usine de chips…  etc .

Mais personne ne s’est inquiété de voir que toute l’industrie de l’Internet était absente de toute l’Europe, et pas que de la France. Le pouvoir américain a fait d’Internet un grand levier de développement, de sa croissance et de sa perspective. Et j’ai l’impression que l’on reproduit ce phénomène historique que j’avais appris à l’école sur la révolution industrielle, le fordisme, sur les télécommunications où à chaque fois, on attend d’être au bout du bout du banc pour se dire : ah il faut faire quelque chose.

Trouvé sur Blog Webdeux.info – Merciiii Jean-François Ruiz

Combien de temps va durer la crise ?

Combien de temps va durer la crise ? Tout le monde se pose la question et tout le monde a une réponse : les experts, les citoyens, les politiques, les journalistes,… Oui, tout le monde a son idée sur la fin de la crise : les optimistes dans 6 mois, les prudents dans 4 ans et les pessimistes dans 10 ans.

Un homme politique a la responsabilité de nous vendre de la confiance et de nous annoncer que dans 6 à 9 mois, la croissance va revenir…. et de faire cette annonce tous les 3/4 mois de sorte qu’on ait en permanence l’impression qu’on va bientôt sortir de la crise. C’est leur mission, on peut presque dire qu’ils sont payés pour ça !

Un agent immobilier ou un banquier vous dira que c’est le moment d’acheter parce que les prix sont au plus bas et que la croissance va les faire remonter. Certes, ils sont juges et parties puisque si vous n’achetez rien, ils ne gagnent rien. On ne peut pas leur faire confiance mais on ne peut pas leur en vouloir non plus de nous raconter n’importe quoi !

A mon avis, tout le monde se trompe y compris et surtout ceux qui racontent n’importe quoi.

Il est impossible de savoir quand la crise va se terminer parce que presque personne n’a été capable de prévoir l’explosion du système en octobre 2008, combinaison d’une crise énergétique (pétrole) et d’une crise financière (subprimes) qui a provoqué ensuite une crise économique puis sociale. Comme le dit si bien Pierre Dac, les prévisions sont difficiles surtout lorsqu’elles concernent l’avenir.

Le 8 octobre 2008, je dînais à Paris avec mon ami Michel Saloff-Coste. Ce soir-là, je l’ai questionné sur la situation. Il m’a livré quelques idées que j’ai enrichies de mes discussions avec d’autres personnes, en particulier Carine Dartiguepeyrou :

– La croissance dépend d’énergies peu chères (le baril autour de 30 dollars par exemple).

– Le baril à 147 dollar en juillet 2008 a ralenti la consommation et de facto la croissance.

– La récession a réduit la consommation de pétrole qui a donc chuté à partir de juillet 2008 alors qu’on prédisait le baril à 200 dollars en décembre 2008.

– La baisse du prix du pétrole a entraîné une reprise de la consommation et donc de la croissance, mais du coup on voit depuis début 2009 le prix du pétrole qui augmente.

– La remontée du pétrole va de nouveau ralentir la consommation et donc la croissance.

– Ce mouvement de yoyo (croissance, décroissance) lié en grande partie au prix du baril de pétrole rend l’avenir incertain. Il pousse à la faillite les entreprises les plus fragiles (celles qui ont des dirigeants peu ou pas assez compétents, c’est l’heure de la purge managériale). Les entreprises qui survivent optent soit pour les licenciements, soit pour le gel des embauches. Il y aussi des entreprises qui vont très bien mais qui en profitent quand même pour licencier comme Google ou Microsoft qui va licencier 5000 personnes parce que son bénéfice n’est plus que de 3,045 milliards de dollars au 2ème trimestre 2009 soit une baisse de 17%.

– Plus de chômeurs, c’est moins de consommateurs. Or il faut 2 ou 3 trimestres de croissance pour que les embauches reprennent. Moins de consommateurs, c’est moins de consommation, donc moins de croissance donc des …licenciements donc plus de chômeurs, donc moins de consommation, donc…. on n’est pas sorti de l’auberge.

La crise du pétrole (la demande est maintenant durablement supérieure à l’offre – Cf. mon billet sur le sujet) et la crise financière (subprimes) a provoqué l’explosion d’une bombe nucléaire dont la première vraie détonation était selon moi le 6 octobre 2008. Quand sortira-t-on de cet hiver nucléaire ? Difficile à dire. Mais comment on en sortira, voilà une question plus urgente ! Il y a au moins une bonne réponse : trouver des énergies alternatives au pétrole qui soient PEU CHERES. Si l’énergie n’est pas chère, la consommation repartira et la croissance aussi, puis les embauches…

Filteris, une société canadienne spécialisée sur l’e-réputation, a créé le Krach Stress Index. L’analyse de 2.000 sites, blogs et forums indiquent une fin de crise dans 5 ans – Voir un article de presseVoir le rapport complet sur le site de Filteris. Certes, l’évolution du monde semble imprévisible, mais l’intuition collective est un des moins mauvais indicateurs. L’intuition collective est le fondement des “predictions markets” et des marchés financiers en général.

Le changement climatique va entraîner une crise climatique. Certains scientifiques affirment que l’Arctique aura totalement fondu en 2012 et que les conséquences de cette fonte sont à la fois imprévisibles et probablement très graves. Dans le film HOME de Yann Arthus-Bertrand, on annonce :

– 200 millions de réfugiés climatiques avant 2050

– Un milliard de personne ont faim mais plus de 50% des céréales commercialisées dans le monde est destiné à l’élevage ou aux agro-carburants.

– Les trois quarts des ressources de pêche sont épuisées, en déclin, ou à la limite de l’être.

– La température moyenne des 15 dernières années a été la plus élevée jamais enregistrée.

– La banquise a perdu 40% de son épaisseur en 40 ans.

Quand cette crise climatique va-t-elle prendre de l’ampleur et nous impacter dans notre quotidien ? On ne sait pas exactement, mais tout le monde est d’accord pour dire que cette crise est devant nous. Elle arrive et elle sera plus ou moins violente en fonction de ce qu’on fera et surtout de ce qu’on ne fera pas. Cette crise climatique va entraîner des perturbations économiques, alimentaires, politiques, sociales et plus si affinités. Dans 6 mois, dans 5 ans ou dans 10 ans, quelle sera l’impact de la crise climatique sur la crise actuelle ? En d’autres termes, est-il possible qu’on vive un “télescopage” ?

Mon objectif avec ce billet n’est pas de lancer une grande réflexion sur toutes les causes de la crise et toutes les solutions possibles. Il y a déjà assez de littérature sur le sujet ! Le plus important à retenir de mon billet n’est pas qu’il faut changer le système et les comportements individuels, qu’il faut plus d’éthique ou de développement durable, qu’il y a de l’espoir ou que je suis inquiet ! Tout ça, c’est vrai… mais les points les plus importants sont :

Le pétrole

A mon avis, tant qu’on verra dans la rue des véhicules rouler à l’essence au lieu de l’électricité ou l’hydrogène ou un équivalent du pétrole (nouvelle énergie similaire ou ersatz), je ne pense pas qu’on sortira durablement de la crise. Depuis plusieurs mois, je discute avec mon réseau de ces points et j’ai l’impression que la plupart des gens ne retiennent du contenu de ce billet que ce qui ne dérange pas leur bien-être quotidien comme rouler avec une voiture à essence. La voiture électrique, le vélo, la marche à pied, les transports en commun, le train,.. ?

Le climat

La “volonté” des scientifiques et des politiques de fonder leurs décisions et réflexions sur les scénarios optimistes alors que depuis des années, ce sont les scénarios pessimistes qui gagnent à chaque fois quand on fait le bilan des prévisions quelques années plus tard. Tout ça me fait penser à McCain nous expliquant en septembre 2008 que les fondamentaux de l’économie étaient solides et que tout allait bien. Autant je crois (un peu) à l’effet bénéfique du politique qui nous vend de la confiance parce que l’économie fonctionne sur la confiance. Mais le climat ne comprend pas les subtilités du discours politique. La démocratie ne compte pas : les gens veulent que tout reste comme avant et alors ? On est dans le monde physique, biologique et la planète semble avoir déjà voté pour le changement climatique contre l’avis du politique et des citoyens !

Heureusement, il y a des personnes éclairées et responsables que personne n’écoute comme Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie, que je cite : “Nous nous situons déjà dans le scénario le plus pessimiste élaboré par les scientifiques du GIEC. La vraie question n’est plus celle de savoir combien cela coûtera de faire la révolution écologique mais plutôt de savoir combien cela coûtera de ne rien faire. Le coût de l’inaction est vingt fois plus élevé que le coût de l’adaptation”.