L’entrepreneur durable selon Vincent Iacolare

Je vous invite à découvrir le nouveau livre de Vincent Iacolare : “L’entrepreneur durable” publié aux éditions AFNOR.

 

Vous pouvez le commander chez Amazon

Voici la présentation du livre : Continue reading “L’entrepreneur durable selon Vincent Iacolare”

Une histoire de confiance…

Un excellent billet sur Techcruch sur la culture du risque en France :

http://fr.techcrunch.com/2010/10/05/give-me-the-argent-ou-labsence-de-risques-dans-le-capital-risque-en-france/

Je cite :

“En France, la confiance se gagne. Aux Etats-Unis, elle se perd. En d’autres termes, aux Etats-Unis, on débute avec un “capital confiance”, un index 100. C’est à l’entrepreneur de faire en sorte que la confiance reste, de satisfaire les attentes de ses investisseurs. En France, le capital est nul, l’index de 0, et il faut le construire avant de pouvoir demander de l’argent.
[…]
Pour conclure ce post, je ne dirai que ça : en France, nous avons clairement le potentiel, la créativité et les cellules grises pour créer et lancer le prochain Twitter ou Facebook – il nous faut juste quelques business angels visionnaires pour nous faire confiance, et être prêt à perdre un peu d’argent sur la route de leur premier milliard.”

Comme le disait Jérémy Benmoussa (fondateur de Locita) lors de notre dernière rencontre : dans “capital risque”, il y a le mot risque et pas uniquement le mot capital ! 😉

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Le bilan de Copenhague par Eric Le Boucher

A lire sur Slate.fr, le bilan de Copenhague par Eric Le Boucher.

Quelques extraits de l’article de Slate.fr ont retenu mon attention :

“Le beau bastringue type ONU,  type «Grenelle de l’environnement», type «mettons nous autour de la table du consensus», type «tout le monde il est gentil vert», a lamentablement échoué.  On n’impose pas des restrictions homothétiques, on ne fait pas comme Jean-Louis Borloo des fausses promesses «le nord paiera 600 milliards pour le sud», on comprend que toutes les nations ne sont pas comme les nôtres, riches, vieilles, repues, adeptes de la décroissance. Non, au sud on veut des usines, du chauffage et des voitures !”.

“La clé c’est l’abandon de l’esprit de Kyoto, imposé par le malthusianisme européen, c’est la recherche d’une autre croissance, celle rendue possible par les sciences et les technologies. Ce qu’auraient du demander les mouvements écologistes depuis le début, c’est un effort mondial gigantesque de recherche-développement. Ils ont fait perdre quinze ans à leur cause en essayant de nous conduire sur la voie du rationnement et de la repentance”.

Et de conclure sur l’insuffisance de la R&D dans le domaine de l’environnement : “Voilà le vrai drame de la planète et le reproche qu’on peut faire à Copenhague, c’est de n’avoir pas dit un mot sur le besoin d’accélération de la R&D dans l’accord final !”.

Le malthusianisme ou la décroissance, cela me fait penser à mes amis écolos canadiens (mes anciens voisins). Un jour, ils frappent à ma porte et me demandent de l’argent pour une levée de fond visant à acheter une île privée en vente (juste en face de chez nous). Leur peur : qu’un promoteur coupe les arbres et construise des maisons ou un hôtel sur cet île (du béton pour faire simple !). Pourquoi ? D’après eux, parce qu’il y a une veille baraque toute pourrie, moche, sans intérêt mais construite en 1800 ; que des oiseaux viennent s’y reproduire (je croyais qu’un oiseau, ça volait !) ; qu’il y a un cimetière indien (mais ils avouent qu’ils ne savent pas où il est sur l’île). D’après moi, ils font du kayak l’été, leur maison a une vue sur cette île et ça leur gâcherait le paysage. Voilà donc ce que j’ai répondu : si vous rasez votre maison et que vous replantez les arbres qui s’y trouvaient, si vous transformez la route qui vous permet d’aller en ville faire vos courses en chemin de promenade piétonnier, alors vous serez cohérent avec votre levée de fond. En d’autres termes, sous couvert d’écologie, certaines personnes ne font que protéger leurs propres intérêts et veulent priver les autres de ce qu’ils ont pu prendre avant eux. J’ai mon petit confort, j’ai rasé des forêts pour l’obtenir et maintenant je veux garder les choses comme elles sont.

Comme le dit Eric Le Boucher, c’est facile de demander la décroissance quand on a bien profité de la croissance. C’est la solution simpliste comme celle qui consiste à créer une taxe à chaque fois qu’on veut régler un problème. Tout comme Eric, je pense que l’innovation est une voie qui respecte le droit de chaque peuple à la croissance (ceux qui l’ont déjà et ceux qui la veulent). Cependant, je reconnais que l’innovation demande beaucoup de travail et de réflexion qu’il est plus facile d’interdire et de taxer. Je reconnais aussi que l’idée de croissance représente une “certaine” vision du monde et que d’autres ont le droit d’avoir une autre vision du monde à base de décroissance et de malthusianisme.

Voilà donc la question à laquelle je vous propose de répondre dans les commentaires de ce billet : qui décide quand la croissance s’arrête ? Ceux qui en ont bien profité ? Ou ceux qui en rêvent ?

Pour aller plus loin et conclure, la décroissance ou le malthusianisme, ce sont des valeurs, c’est une culture. L’innovation, le progrès technologique, la croissance, ce sont d’autres valeurs, c’est une autre culture. Le sommet de Copenhague a donc finalement été le choc frontal de deux cultures antagonistes. On peut toujours sortir d’un conflit d’idées mais il est très difficile de sortir d’un conflit de valeurs.

J’aime bien sur ce blog donner la parole aux frères ennemis. Hier, c’était Corinne Lepage, aujourd’hui Eric Le Boucher. C’est de la controverse que naîtra la lumière. Pour l’instant, malgré tout ce que j’ai lu ou écrit, je ne vois toujours pas cette lumière. C’est encore le brouillard, la réflexion continue !

Le bilan de Copenhague par Corinne Lepage

Un bilan décapant de Corinne Lepage sur le sommet de Copenhague à voir sur Terre.tv :

Et un article sur l’échec de Copenhague, à lire sur Slate.fr qui en remet une grosse couche !

Je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes de fin d’année !

I Love Democracy and You?

Ce billet est destiné aux citoyens actifs et à tous ceux qui veulent avoir une vue synthétique et globale du fonctionnement politique de notre monde et en particulier sur les différences nationales. Le contenu est un résumé de mes compétences en droit constitutionnel comparé. Je vais répondre à 4 questions :

  • Quel système politique ?
  • Qui décide de quoi ?
  • Où doit-on décider ?
  • Comment la démocratie doit-elle fonctionner ?

I. Démocratie, autocratie ou oligarchie : quel système politique ?

Dans la majorité des pays, le pouvoir appartient à un seul qui gouverne dans le cadre d’une autocratie, dictature ou monarchie.

Le pouvoir peut aussi appartenir à un petit groupe de personnes, une classe sociale, une élite (partis politiques, hauts fonctionnaires, religieux, industriels, syndicats, financiers,…) qui forment une oligarchie.

Dans quelques pays, le pouvoir appartient au peuple : on parle de démocratie. Dans une démocratie, le pouvoir est censé appartenir au peuple qui la plupart du temps le délègue à des représentants.

Mais la démocratie est critiquée pour ses faiblesses tout comme les dictatures et les oligarchies pour leur force excessive. Pour certains, la démocratie n’est pas transposable à toutes les cultures ou à tous les pays.

II. Démocratie directe, participative ou représentative : qui décide de quoi ?

Une démocratie directe est un système politique dans lequel les citoyens votent ensembles toutes les lois.

Une démocratie représentative est un système politique dans lequel les citoyens élisent des représentants pour voter à leur place toutes les lois.

Une démocratie participative est une démocratie représentative dans laquelle il existe des procédures de démocratie directe.

Les procédures de démocratie directe sont :

Initiative populaire : Possibilité pour les citoyens de prendre l’initiative d’une loi en initiant la signature d’une pétition. Si la pétition reçoit un certain nombre de signatures, la procédure de vote de la loi est déclenchée. La loi est ensuite votée soit par les citoyens eux-mêmes (référendum), soit par des élus.

Référendum : Vote direct d’une loi ou d’une constitution par les citoyens.

Veto populaire : Possibilité pour les citoyens de s’opposer à une loi votée par ses représentants.

Vote préférentiel : C’est, dans les scrutins de liste (élections municipales, régionales ou européennes), le droit pour les électeurs de modifier les n° d’ordre des candidats sur les listes fournies par les partis et de placer ainsi en position éligible les candidats de leur choix. En Italie, le 10.06.1991, par référendum d’initiative populaire national, les citoyens l’ont demandé et obtenu avec 95,5% des suffrages exprimés et une participation de 62,5%.

Budget participatif : Élaboration et vote du budget local ou national par l’ensemble des citoyens dans le cadre de structures et de règles variant selon les pays. Cela peut aussi consister dans l’affectation de son impôt (ou d’une partie) à une ligne budgétaire précise.

III. Démocratie locale, nationale ou internationale : où doit-on décider ?

Par des délégations de pouvoir, les États attribuent plus ou moins d’autonomie au niveau local. Mais, ils sont eux-mêmes dépendants d’organisations internationales.

Dans les États unitaires, tous les citoyens sont soumis au même et unique pouvoir : un parlement, un gouvernement et un droit. C’est la forme d’État la plus répandue (Chine, Portugal, France, Thaïlande,…). L’État unitaire est souvent organisé en divisions territoriales liées à la décentralisation d’une partie du pouvoir central vers le niveau local (commune, région, département,…). Cette décentralisation du pouvoir vers le local peut être plus ou moins poussée.

Dans les États fédéraux, l’État est composé par un certain nombre d’entités dont le nom varie : États fédérés, cantons, länder,… qui ont les apparences d’un État (Constitution, Parlement, gouvernement, tribunaux) mais qui sont privés de la souveraineté externe et dont les compétences ne sont pas illimités car elles s’exercent dans le cadre des règles fixées par la Constitution de l’État fédéral. L’État fédéral peut ainsi être analysé comme une forme particulière de décentralisation. Les États fédéraux sont très nombreux (États-Unis, Suisse, Allemagne, Autriche, Inde, Canada, Australie, Brésil,…).

Il existe enfin des Organisations internationales qui ont reçu une partie du pouvoir des États nationaux : Union Européenne, O.N.U., O.M.C, O.T.A.N., A.S.E.A.N., T.P.I., Cour de Justice Internationale,…

IV. Parlement, gouvernement, président, élections, Internet,… : comment la démocratie doit-elle fonctionner ?

Un régime politique se caractérise en fonction de l’organisation et du fonctionnement des institutions politiques définis par la Constitution.

Dans un régime autoritaire, l’exécutif contrôle tous les pouvoirs et il est lui-même peu ou pas contrôlé. La liberté disparaît car elle est un obstacle à la mise en oeuvre de la politique définie par le pouvoir. Le pluralisme des opinions, de la presse, des partis, des syndicats est banni et l’opposition au pouvoir est interdite ou combattue. Il existe souvent un faux multipartisme pour se donner des apparences démocratiques… C’est le régime de 80% des pays de la planète : Chine, Algérie, Tunisie, Maroc, Corée du Nord, Iran, Birmanie, Congo, Syrie, Cuba, …

Dans un régime parlementaire, le gouvernement définit librement sa politique mais il ne peut la mettre en oeuvre et rester au pouvoir que s’il a la confiance du Parlement. Le Parlement peut ainsi renverser le gouvernement. La plupart du temps, l’exécutif comporte un chef de l’État et un cabinet (ou gouvernement) composé de l’ensemble des ministres. C’est le régime de la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon,…

Dans un régime présidentiel, l’exécutif est indépendant du législatif. L’exécutif n’intervient pas dans la législation et en contrepartie le Parlement ne peut pas mettre en cause la responsabilité du chef de l’État ou de ses ministres. Les ministres sont uniquement des collaborateurs du chef de l’État qu’il nomme ou révoque pour exécuter sa politique. Le Chef de l’État est aux États-Unis le détenteur du pouvoir réglementaire (il est chargé de l’exécution des lois), le chef de l’administration fédérale, le chef des armées et le maître de la politique étrangère. C’est le régime des États-Unis, de la Russie, de nombreux pays d’Amérique latine, de la France (quand le parti du président détient la majorité à l’Assemblée nationale), …

Dans un régime d’assemblée, l’exécutif est une autorité subordonnée à une assemblée qui domine tous les autres pouvoirs. Il y a confusion des pouvoirs au profit du législatif. Ce régime existe rarement à l’état pur mais il se rapproche du régime français sous la IIIème et IVème République.

Les régimes s’appuient sur une administration pour mettre en oeuvre les lois et les politiques définies par l’exécutif et le législatif.

La désignation des gouvernants peut se faire par hérédité, cooptation, tirage au sort ou élection. L’élection se fait au suffrage restreint ou universel (tout le monde vote), scrutin direct (l’élu est désigné sans intermédiaire par les électeurs) ou indirect (collège électoral issu d’un premier scrutin), scrutin uninominal (un seul candidat) ou de liste (plusieurs candidats), scrutin majoritaire (celui qui a obtenu le plus de voix est élu) ou proportionnel.

A l’avenir, le fonctionnement des régimes politiques pourrait être de plus en plus bouleversé par l’avènement d’Internet. Ces changements renforceront la démocratie dans sa définition intiale : demos (peuple) cratos (gouvernement).