Faut-il nous déciviliser ?

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Je vous présente mes meilleurs vœux pour 2017. Pour bien démarrer l’année, un peu de prospective ne peut pas faire de mal. Voici un excellent billet de Philippe Vallat pour prendre un peu de recul sur notre monde :

http://www.comitans.ch/index.php/fr/blog-philippe-vallat/leadership-dans-l-incertitude/188-disruption

Qu’en pensez-vous ?

Author: Olivier Zara

www.olivier-zara.com

8 thoughts on “Faut-il nous déciviliser ?”

  1. L’article mérite un grand tri entre idées intéressantes et affirmations fausses voire absurdes.
    A défaut d’avoir beaucoup de sens, l’abus du mot «disruption» a au moins le mérite de nous remettre en mémoire nos cours de physique et permettra de dater avec certitude les diapositives de consultant que nous retrouverons par hasard dans cinq ans sur un disque dur mais on ferait mieux de classer les innovations selon qu’elles sont utiles ou futiles.
    Faire état de la limitation des ressources n’est vrai qu’à condition de refuser au moins deux faits : «l’économie circulaire, ça fonctionne» et «les ressources extra-atmosphériques sont disponibles». Sur le second sujet, je vous propose la lecture d’un court billet qui montre que certains sont prêts quand d’autres feignent l’ignorance : https://www.nexidee.eu/index.php/fr/blog-nexidee-eu/coups-de-pioche-dans-l-espace
    Le schéma souligne la baisse inexorable de la production alimentaire. Ce mythe est aussi répandu que faux. J’invite tout le monde à regarder un résumé des possibilités qu’offre la permaculture (vidéo ici :

    ) pour se convaincre que d’autres méthodes agricoles permettent au contraire d’assurer une alimentation saine et abondante à une population bien plus importante qu’aujourd’hui. Même si on ne change pas de modèle agricole mais qu’on oriente les surfaces gaspillées pour le tabac, les fleurs, les agrocarburants, qu’on lutte contre l’étalement urbain par une densification des villes et qu’on réduit les pertes dues au manque de capacité de stockage et de transformation des produits bruts, on ferait plus que doubler la production alimentaire. Si en plus on aborde la question du coton et de l’immense gaspillage induit par la surconsommation d’articles vestimentaires à courte durée de vie…on se fâche avec beaucoup de gens. Sur ce point je vous invite à faire connaissance avec Vero & Selvie : https://www.nexidee.eu/index.php/fr/blog-nexidee-eu/mais-qui-sont-vero-et-selvie-1
    L’auteur met en avant la capacité finie de l’Internet pour en déduire l’impossible multiplication du nombre d’objets connectés. C’est tomber dans un piège du langage ; si l’expression «Internet of things» s’est imposée, elle ne décrit pas bien la réalité du monde des « objets communicants » qui repose sur des systèmes très variés, bien souvent sans lien avec Internet.

  2. Bonjour, je comprends que certains de mes propos soient perçus comme des affirmations “fausses voire absurdes”. Evidemment que je veille à ce que cela n’advienne pas.

    Vos arguments par contre peinent à prouver que mes affirmations sont fausses. Sur le collapse de notre société (y.c. internet, les limites en énergie et matières premières qui rendront physiquement impossibles l’exploitation extra-atmosphérique, la possibilité de nourrir durablement toute la population mondiale etc.), je souhaiterais bien que mes affirmations soient fausses. Suffisamment de travaux scientifiques, très bien résumés dans l’article ci-après, malheureusement m’ont conduit à un autre point de vue.

    http://adrastia.org/introduction-collapsologie-chambaz/

    Bonne lecture

    1. Il y a deux points de l’article auquel vous vous référez que je partage absolument:
      – la complexité des systèmes naturels et humains est telle que la maîtrise des interactions est impossible;
      – les sociétés occidentales sont fragilisées et de moins en moins résilientes.

      Pour le reste, on ne peut fonder des raisonnements sur la perpétuation de l’inaction. La présence ou l’absence de pétrole est secondaire, ce qui compte est comment vite donner raison au Cheikh Yamani à qui on prête la phrase “L’âge de pierre ne s’est pas terminé par manque de pierres ; l’âge du pétrole ne s’achèvera pas par manque de pétrole”. Rappelons aussi que le pic de production correspondra à l’extraction de la moitié des réserves et que l’augmentation des cours amènerait enfin à réserver le pétrole à des usages nobles.

      Ne prenons que deux exemples parmi dix mille:
      – les travaux de Jack Ng à Singapour. Ses dispositifs d’agriculture verticale permettent en pleine ville d’obtenir des rendements qui sont incomparables avec tous les procédés de maraîchage et apportent une économie de transport drastique.
      – les nombreux projets de valorisation des effluents urbains qui sont des mines de phosphates, d’azote et de potassium (dont le SIAAP à Paris).

      Il n’y a pas de fatalité, les risques de collapse existent, c’est à nous de développer l’ingéniosité pour y échapper.

      La pensée en page d’accueil de ce Blog est à ce titre très profonde : “La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent” Albert Einstein

      En conséquence, se retrousser les manches et faire autrement!

      1. Merci pour vos propos. Le problème du pétrole n’est pas la quantité (réserve), mais la vitesse d’extraction, le flux alimentant le système industriel. Il est toujours plus fastidieux d’aller chercher ce pétrole: le taux de retour énergétique “EROEI”, baisse constamment (https://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_retour_%C3%A9nerg%C3%A9tique).

        L’enjeu n’est pas de trouver des solutions technologiques, c’est leur déploiement à grande échelle, leur connexion avec d’autres systèmes (p.ex. économique) et leur acceptation par la population qui seront le problème. Les problèmes sont interconnectés: l’épuisement des ressources naturelles (minéraux, sols fertiles, poissons, pétrole), combiné avec un réchauffement climatique en cours, une augmentation de la population mondiale etc. font que même si on pouvait “régler” un problème, cela ne règlerait pas les autres, voire même les empirerait. Pour valoriser les effluents urbains, il faut des infrastructures (matière et énergie), et produire et exploiter ces infrastructures génère des effluents urbains…

        Si vous êtes intéressé par le thème du collapse, je vous invite à rejoindre le groupe Facebook suivant, qui est modéré: https://www.facebook.com/groups/transition.2030/ . C’est les méninges qu’il nous faut retrousser d’abord

        1. L’examen du taux de retour énergétique n’a de sens que si on analyse en même temps l’efficacité énergétique des usages. A l’époque du pétrole facile à extraire et raffiner, on construisait des immeubles qui étaient des gouffres énergétiques et on “torchait” le gaz; à l’époque du pétrole rare on construit des immeubles énergétiquement neutres et on produit de l’électricité avec les gaz récupérés lors de l’extraction.

          Il me semble essentiel de prendre conscience des ravages du biais de confirmation et il faut lutter contre la tendance naturelle à retenir les seules informations qui confirment ses convictions. J’ai le sentiment que pour les tenants de l’école du collapse, ce biais est dominant. Je vous remercie donc de l’invitation à rejoindre le groupe sur le collapse, mais je décline.

          Une citation de Friedrich Hölderlin vous rendra plus confiant dans notre capacité collective à bâtir un avenir : « Là où croit le péril, croit aussi ce qui sauve ».

          Peut-être que l’opportunité nous sera donnée de travailler ensemble sur un sujet d’intelligence collective….pour prévenir un collapse.

          1. Malheureusement, le problème ne semble pas que nous serions trop pessimistes, mais pas assez… (http://sco.lt/7tEU1h). Il est important de bien comprendre mes propos, voici 3 précisions.

            Le EROEI ne parle que du rendement énergétique de l’extraction d’une source d’énergie, et n’a rien à voir avec ce qu’on en fait après: si ça coûte énergétiquement plus d’un baril de pétrole pour extraire un seul baril de pétrole, on arrête et il n’y a plus de pétrole disponible, donc pas d’usage.

            “Immeuble énergétiquement neutre” me semble plus être un oxymore qu’une solution. Comment extraire, transporter, transformer des matières premières sans pétrole, à grande échelle? De plus, la “transition énergétique” va se heurter à la disponibilité décroissante des terres rares (http://sco.lt/8RYxMn).

            Il n’existe pas de “tenants de l’école du collapse”, mais des scientifiques qui cherchent à comprendre un phénomène depuis les années 70 (Club de Rome, http://sco.lt/8Q8Lkv). Nous ne sommes pas dans le domaine de la croyance ou de l’opinion personnelle et le biais de confirmation n’est simplement pas applicable ici au contraire: les théories du collapse ne sont pas issues d’une réduction/sélection des informations traitées (cf échelle d’inférence), mais au contraire d’une augmentation de celles-ci et d’une considération des interactions entre divers phénomènes (point de vue systémique). Tout comme vous, j’aimerais que la science ait tord et que le collapse n’ait pas lieu. A ce jour, je constate que les signaux de l’état de la planète et les évidences scientifiques rendent le scénario d’un collapse bien plus vraisemblable que l’extraction minière sur Mars et le remplacement de tout le parc automobile par des Tesla…

            Comme militaires, nous avons appris à penser l’impensable, c’est ce qui se fait avec la collapsologie.

            Je comprends que vous n’acceptiez pas mes arguments, cela n’est pas nécessaire d’ailleurs. Je souhaite mettre un terme à ce débat ici car le thème du collapse n’est qu’un aspect de mon billet original. Merci pour ces échanges. Pour plus d’informations: http://www.scoop.it/t/black-swan

  3. Merci pour ces échanges instructifs ! Je retiens que le sujet est complexe et que personne ne sait avec certitude alors tout le monde peut avoir raison… ou tort. De mon côté, je pense que l’humanité aura plus de chances de s’en sortir en s’inquiétant 😉 Le loser est celui qui a un plan au cas où cela fonctionnerait. Le winner est celui qui a un plan pour le cas où ça ne fonctionnerait pas !

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