Le réchauffement climatique vu par Vincent Courtillot

Pour alimenter le débat entre les tracteurs et les détracteurs du réchauffement climatique, je vous livre une vidéo trouvée par hasard en lisant un article sur Slate.fr . Je ne sais pas si Vincent Courtillot est reconnu par ses pairs. A vous de le dire dans les commentaires.

Mise à jour 23 décembre

Florence Leray, mon amie journaliste “climato-alarmiste” à qui j’ai demandé de réagir sur ce billet, m’annonce la sortie fin mars d’un livre sur les négationnistes climatiques. Tout comme Véronique Anger,  j’espère que ce livre ne va pas alimenter une guerre de religions avec les bons croyants et les méchants hérétiques.

Cela dit, le thème du réchauffement climatique est aujourd’hui bien plus qu’une question scientifique. C’est devenu une vraie question politique, un choix de société, une confrontation politique entre ceux qui veulent changer le monde et ceux qui veulent qu’il reste comme il est. S’agit-il d’une résistance au changement parce qu’on n’aime pas le changement ou parce qu’il est inutile ?

Quatre idées me viennent :

– Est-ce que 1% de sceptiques peuvent avoir raison contre 99% d’alarmistes. Cela me fait penser aux “predictions markets” et à l’intuition collective. Ce n’est pas très scientifique mais cela a fait ses preuves dans d’autres domaines.

– D’un point de vue politique, de choix de société et écologique, il me semble qu’il faut réduire le CO2 pour réduire la pollution (réchauffement climatique ou pas) et ce d’autant plus qu’on a passé le pic pétrolier (offre de pétrole inférieure à la demande),

– En droit, quand il y a un faisceau de présomptions, cela équivaut à une preuve. Est-ce que ce n’est pas le cas pour le réchauffement climatique que cela soit ou non prouvé scientifiquement ?

– Est-ce que le principe de précaution ne doit pas s’appliquer quand autant de scientifiques convergent dans le même sens ? Même s’ils ont tous torts !!?

Demain, je ne sais pas quelle sera ma position puisque je suis l’inverse d’un dogmatique. J’écoute, je réfléchis et je suis prêt à changer d’idées. Je ne suis pas pollué par une vision politique ou mystique de la question. Je veux juste comprendre. Pour l’instant, voici ma position, ma conviction du moment :

– Vincent Courtillot et le chercheur du CNRS sur la vidéo de TV5 Monde m’ont convaincu. Le réchauffement climatique n’est pas prouvé scientifiquement (c’est-à-dire au sens premier du terme) mais il pourrait l’être dans une centaine d’années, probablement a posteriori … quand ce sera trop tard ! Évidemment, si on affirme ça publiquement, le sommet de Copenhague sera le premier échec d’une longue série. A vrai dire, en l’absence de gouvernance mondiale, je vois mal comment on pourrait réussir à court terme…

– Les 4 idées énoncées ci-dessus (que vous pouvez enrichir dans les commentaires) à savoir intuition collective, faisceau de présomptions, pic pétrolier et principe de précaution me font penser qu’il faut faire comme si le réchauffement climatique était prouvé scientifiquement !

– On a tout à gagner dans une perspective de développement durable (moins de pollution en particulier) à jouer la carte de la lutte contre le réchauffement climatique.

– Si le réchauffement climatique n’est pas prouvé scientifiquement, Vincent Courtillot & Co ne démontrent pas qu’il n’aura pas lieu. Et ce, d’autant plus, que d’après le chercheur du CNRS sur la vidéo de TV5 Monde, la climatologie n’est pas une science. En résumé, si on suit ce raisonnement, on ne peut rien démontrer ni dans un sens, ni dans l’autre donc le réchauffement climatique est possible ! Sur la base de l’intuition collective, on peut même penser qu’il y a 99% de chances qu’il arrive.

– Si on se trompe et qu’il n’y a pas de réchauffement, qu’est-ce qu’on aura perdu ? L’ancien monde pollué au Co2 ? Nos voitures rouleront à l’hydrogène au lieu du pétrole, et alors ? Des entreprises pétrolières vont disparaître, d’autres vont naître : c’est la vie ! Finalement, on est à la fois dans de la résistance au changement (je veux garder le monde comme il est) et de la gestion des risques (risk management = probabilité que le non changement provoque une catastrophe).

– Si on réfléchit “un peu”, on doit trouver un moyen d’évoluer sans créer de cataclysme économique. Le savoir-réfléchir est la compétence clé du 3ème millénaire mais est-ce qu’on saura la mettre en oeuvre au début du millénaire ou à la fin, that is the question!

– Tout comme Véronique Anger, je trouve déplorable que cette question du réchauffement climatique à la fois politique et environnementale se transforme en guerre de religions. On doit laisser les “conservateurs”, les “opposants”, les “sceptiques” (peu importe le nom qu’on leur donne) s’exprimer sans les harceler telle l’inquisition. C’est le principe même de la démocratie qui est en jeu !

Author: Olivier Zara

www.olivier-zara.com

9 thoughts on “Le réchauffement climatique vu par Vincent Courtillot”

  1. Oui, M. Vincent Courtillot, géophysicien, directeur de l’Institut de physique du globe (IPGP) est reconnu par ses pairs et très connu du milieu scientifique évidemment. Je ne peux que vous recommander son éclairage scientifique et pédagogique présenté dans son exposé “Sur le réchauffement” (université de Nantes de septembre 2009) : http://www.objectifliberte.fr/2009/09/rechauffement-climatiquecourtillot-expose-erreurs-du-giec.html
    Et, pour aller plus loin sur l’écolomania, je me permets de conseiller la lecture de mon dernier essai (éd. L’Arganier) en novembre 2009 : “La dernière Croisade. Des Ecolos… aux Ecolomaniaques !”. Plus d’infos sur : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=185&Itemid=188

  2. Un avis sur la forme du discours (et non sur le fond scientifique pour lequel je n’ai aucune expertise) : c’est structuré, précis, clair, les propos sont mesurés, dénués de la charge émotionnelle qui apparait lorsque l’auteur amalgame la valeur de ses idées, de son travail à sa valeur personnelle. La démarche n’est pas arrogante, elle invite au questionnement plutôt qu’à la conclusion ou au débat idéologique. En bref, cet homme a peut être tort, peut être raison, ce qui est sûr en tout cas c’est qu’il a un discours assez sain.

  3. Ce qui me surprend le plus, c’est lorsqu’il dit que les températures baissent depuis 1998. C’est la première fois que j’entends ça.

    Par ailleurs, la fonte des glaciers, de l’Antarctique et de l’Arctique se poursuit depuis 1998… Pourquoi la fonte continue si les températures baissent ?

    S’il se trompe sur ce point, peut-on le croire sur le reste ?

    1. Malgre des bidouillages douteux des donnees de temperature, il est effectivement admis par tous que les temperatures baissent legerement depuis 1998. La glace de l’antarctique ne fond pas et depuis bien longtemps. La glace de l’arctique a gagne 26% entre 2006 et maintenant.
      Cordialement

  4. Dans cette séquence, Vincent Courtillot illustre très bien la démarche scientifique qui consiste à observer des phénomènes, à les décrire, les mesurer, mesures sur base desquelles on essaye d’élaborer un modèle, et sur base de ce modèle d’élaborer une théorie.
    A l’heure d’écrire ce billet, le sommet de Copenhague s’est soldé par un échec. Comme nous le savons, il y a les partisants et les détracteurs de la théorie du réchauffement climatique généré par la production de CO2. Les experts du GIEC affirment que cette théorie est vérifié à 100%. Une telle affirmation ne s’intègre pas vraiment dans la démarche scientifique. Si l’on prétend que chaque théorie élaborée est fiable à 100%, nous en serions encore à affirmer que la terre est plate. Il serait plus sage de dire qu’ au vu des observations et des connaissances dont nous disposons à propos d’un sujet donné, nous émettons telle ou telle hypothèse. Vincent Courtillot souligne bien que le débat reste ouvert. Ce qui est à déplorer, c’est le mode de pensée unique médiatique qui prévaut sur le débat scientifique, et qui risque, comme le souligne Courtillot de décrédibiliser la science.
    Ceci étant, dans le cas du sommet de Copenhague, je pense qu’il aurait été plus utile de se focaliser sur le problème du rejet de polluants dans l’atmosphère, de même que la préservation des matières premières et de l’environnement. Le rejet de CO2 n’est en fait qu’une partie du problème. S’il devait être vérifié que les rejets de CO2 ne contribuent pas au réchauffement climatique de manière importante, cela ne devrait pas justifier le droit de polluer !

    1. @Eric

      Tout à fait d’accord avec toi, réchauffement ou pas, il faut réduire la pollution sous toutes ses formes mais la pollution (mort lente et potentielle), ça fait moins peur que la montée des eaux, les ouragans, les tornades, les inondations, la sécheresse, les canicules (mort rapide et certaine).

      Du coup, on peut comprendre que pour les écologistes (que nous devrions tous être), il est plus efficace de jouer la carte du plus effrayant, de jouer sur le scénario le plus efficace quel que soit sa base scientifique.

      Finalement, peut-être qu’une fois de plus, les experts du GIEC ou les experts type Vincent Courtillot & Co, sont comme tous les experts : ils se trompent selon les règles !!! Peut-être qu’ils sont aussi efficaces que les experts économiques qui depuis des années sont capables de prédire les crises économiques et de les éviter…. 😉

  5. J’apprécie la manière dont vous posez le problème. C’est, il me semble, l’attitude optimale que devraient avoir les personnes qui n’ont pas accès, de par leur formation ou par manque de temps, aux arguments scientifiques de la controverse.

    Comme on ne peut entrer dans l’explication scientifique auprès d’un tel public, pour montrer la valeur des travaux des climatologues, j’aimerais souligner quelques problèmes de méthodologie ou de rhétorique que posent les discours de Courtillot, très bon orateur, ce qui lui confère un réel pouvoir de persuasion auprès de ceux qui ne peuvent comprendre les arguments scientifiques de ses opposants, c’est-à-dire 99,9% de la population.

    Tout d’abord, prenons-le au jeu des contradictions internes de son discours.

    Il affirme, dès qu’il en a l’occasion, que le consensus scientifique prend nécessairement du temps (dans ses discours, il assène que le consensus autour des grands sujets a pris entre 10 et 60 ans). Allègre va plus loin en disant que la notion de consensus est malsaine en science. Il matraque cet argument comme si c’était une loi empirique de l’évolution de la science.
    1) Les scientifiques qui travaillent sur le transfert radiatif de l’atmosphère connaissent l’effet du CO2 depuis plus de 10 ans, donc un consensus est déjà possible sur la question d’après la loi empirique de Courtillot.
    2) Mais qu’en est-il si dans 60 ans, Courtillot ne change pas d’avis (par simple manque d’humilité ?). OK, il ne sera plus là, mais s’il l’était, dans 60 ans, il pourrait très bien affirmer : il n’y a pas encore consensus, car moi et quelques autres ne sont pas toujours pas d’accord. On peut trouver un parallèle avec la théorie de l’évolution et le créationnisme. Peut-on vraiment dire qu’il y a consensus scientifique sur la question, alors que des scientifiques américains (qui, eux seuls, se diront sérieux) défendent les thèses créationnistes ?
    3) Courtillot avance l’exemple de la découverte de la tectonique des plaques. Mais y-a-t’il consensus sur la question ? Je pourrais par exemple affirmer que je n’y crois pas, et étant géophysicien, cela briserait, de facto, le consensus. J’aimerais bien d’ailleurs écrire des articles à grande audience dans l’Express ou dans le Monde pour avancer mes arguments contre la tectonique des plaques, et voir les “Inquisiteurs” de l’Institut de Courtillot me tomber dessus comme les climatologues sur sa personne.
    4) notez également l’assurance avec laquelle il parle, dans cette vidéo mais aussi à d’autres occasions, de ses travaux sur l’extinction des dinosaures liée au volcanisme et non à une météore. Il oublie d’être humble et de dire qu’il n’y a pas consensus du tout sur la question. D’après sa propre loi, il devra attendre entre 10 et 60 ans pour avoir le verdict…
    5) Allègre utilise le même argument. Dans une émission de Ce soir ou jamais sur France 3, il a affirmé qu’il n’y avait pas de consensus dans les sciences, et quelques minutes plus tard, d’affirmer qu’il “n’avait jamais perdu un débat scientifique de sa vie” !! Comment peut-il en être sûr s’il n’y a pas consensus ? Et d’oublier de rappeler qu’il a déjà “perdu” des débats scientifiques (cf. histoire du volcan de la Soufrière, où là le verdict est tombé). Notons au passage que lors de cette affaire de la Soufrière, Allègre était le partisan du principe de précaution (il s’en justifie ainsi aujourd’hui), alors qu’il dénonce le “catastrophisme” actuel des climatologues (qui, de la part des scientifiques, est en réalité un devoir de précaution, de responsabilité). C’est quand même un comble !

    Autres problèmes, méthodologiques.
    1) Courtillot, dans ses articles, ne fait qu’étudier le passé, y compris le passé récent. Il est dans l’incapacité de prédire, parce qu’il ne cherche pas à comprendre la physique détaillée des mécanismes qui conduisent au réchauffement (qu’il soit solaire ou anthropique). Ses articles se contentent de trouver des corrélations entre des jeux de données (corrélations qui ont d’ailleurs été critiquées par d’autres scientifiques qui analysent ces données au quotidien). Il n’entre jamais dans les mécanismes physiques qui pourraient expliquer de telles connections. Là, il a quand même l’honnêteté d’avouer que ce n’est pas son domaine, et de citer quelques articles de spécialistes du soleil qui lui donneraient peut-être raison. N’étant pas spécialiste lui-même, c’est là qu’il devrait agir avec précaution, et prendre du temps pour faire une revue complète des travaux sur le sujet, et pas aller à la pêche à l’article qui va dans le sens qui lui plaît (c’est là un travers facile des publications scientifiques).
    2) Les physiciens de l’atmosphère, eux, ont une longueur d’avance. Certains d’entre eux travaillent, certes, comme Courtillot, sur les données du passé, mais d’autres travaillent sur la physique et sa modélisation, qui SEULES, peuvent permettre de se projeter dans le futur. C’est grâce à la compréhension de la physique et sa modélisation que les physiciens étaient à peu près sûrs que la bombe atomique allait faire beaucoup de dégâts, ou que les centrales nucléaires allaient fonctionner avant de les construire. Or, les physiciens de l’atmosphère, qui ne sont par ailleurs pas sûrs de tout, ont quand même prédit l’effet radiatif du CO2. Et pas prédit à partir de corrélations, mais à partir d’un raisonnement physique !
    3) Je trouve étonnant que Courtillot n’entre jamais dans le détail de ces mécanismes physiques de l’atmosphère, laissant finalement le travail difficile (et chiant ou non gratifiant pour lui ?) à d’autres scientifiques de l’ombre (humbles, eux). Sa démonstration doit passer par une analyse critique des travaux réalisés sur la transfert radiatif et sur la physique/dynamique de l’atmosphère, qui n’est pas une science si jeune que cela ! C’est-à-dire, il doit aussi prouver que l’autre camp a tort (puisque ceux qui le critiquent n’ont pas besoin d’invoquer le soleil pour expliquer le réchauffement) !
    4) Or, c’est là que la bas blesse. Lui et surtout Allègre critiquent la légitimité de la modélisation numérique, alors que cet “outil” est nécessaire et a fait ses preuves dans de nombreuses sciences de systèmes complexes (eux n’ont jamais mis les mains dans ce “cambouis” laborieux, donc ils le critiquent sans connaître), de l’astrophysique à la biophysique en passant par la mécanique. Sans modélisation numérique, aucun espoir de résoudre des problèmes complexes, non analytiques, et aucune possibilité d’avancer des hypothèses pour espérer expliquer le passé. Mais, rejetant la validité des modélisations numériques, ils se tirent aussi une balle dans le pieds (et finalement, c’est sûrement tant mieux pour eux, car ils préfèrent se tirer une balle dans le pieds plutôt que de mourir scientifiquement, comme les soldats qui se blessent pour ne pas aller au combat). En effet, si la modélisation ne peut, par essence, prédire qq chose d’aussi compliqué que le climat, comment réussiront-ils à prouver que c’est le soleil qui réchauffe l’atmosphère ? Le jour où on leur demandera de prouver ce qu’ils affirment, ils n’auront d’autres moyens de le faire qu’en passant par la modélisation de l’atmosphère… qui elle-même montre qu’il n’y a pas besoin des effets qu’ils avancent pour expliquer le réchauffement actuel. Je leur propose donc de passer quelques dizaines d’années à développer leurs propres modèles d’atmosphère (et retrouver tous les résultats déjà obtenus par les météorologues et climatologues depuis des dizaines d’années), et montrer que les effets dont ils parlent sont prépondérants. Bien sûr, ils ne le feront jamais, DONC ils pourront toujours affirmer haut et fort que les climatologues n’ont pas la preuve de ce qu’ils avancent (“si on ne peut faire confiance à la modélisation numérique de processus physiques couplés, alors on ne peut faire confiance en leurs résultats !”). La balle qu’ils se tirent dans le pieds (= ils affirment eux-mêmes sans s’en rendre compte qu’ils n’auront pas la possibilité de prouver leurs affirmations) leur permet d’être à jamais non-contredits (les autres ne pourront jamais prouvé qu’ils ont raison), et donc de faire perdurer le non-consensus.
    En cela, ils s’affirment non scientifiques : “la science ne peut rien prédire”. Et si elle ne peut rien prédire, elle ne peut rien expliquer non plus, puisque ce qui permet de prédire ou d’expliquer le passé, ce sont les mêmes lois physiques ! Donc ils ne pourront jamais affirmer que leurs propres résultats en géophysique sont consensuels.

    Je conclurai en rappelant que l’une des plus grandes qualités scientifiques est l’humilité. A moi, jeune chercheur (aussi peu/autant expérimenté que eux le sont dans les sciences du climat), il ne me viendrait pas à l’idée d’aller sur tous les plateaux télé et d’écrire des articles dans les journaux grand public que la tectonique des plaques ou la “non-platitude” de la Terre est encore sujet au doute, avant d’avoir mis les mains dans le cambouis, d’avoir lu leurs travaux et d’avoir critiqué dans le détail les arguments des nombreux scientifiques de l’ombre, qui, eux, ne recherchent pas la gloire auprès du grand public. Je dirais qu’ils font là un péché de jeunesse… alors qu’ils sont à la fin de leur carrière !!

    Ce sont peut-être eux qui auront fait beaucoup de mal à la vision qu’ont les gens de la science, au final ! j’espère que leur manque d’humilité ne va pas inspirer trop de jeunes chercheurs !

  6. J’ajouterais également que leur argument sans cesse ressassé de “un réchauffement de la même ampleur s’est déjà produit dans le passé” n’est pas un argument scientifique de grand poids. C’est un peu comme dire il a fait beau ces trois derniers jours donc il fera beau demain. Ou la végétation et la dynamique des espèces ont toujours subi des crises naturelles, donc leur évolution récente (thon rouge par exemple) n’est probablement pas affectée par l’activité humaine. Cela revient à supposer que les choses, au final, dans la nature, ne peuvent évoluer. Que la révolution industrielle n’a aucune conséquence. Il me semble qu’une démarche scientifique raisonnable est de dire : “un nouveau processus entre en jeu dans le problème (l’activité de l’homme à grande échelle), donc il est possible a priori qu’il ait un effet. Analysons-le et examinons s’il peut avoir un effet. Nous trouvons qu’il en a un”. Eux sont dans une démarche différente : “a priori, l’activité de l’homme n’a pas d’effet. Donc analysons les facteurs qui ne sont pas liés à l’homme. En extrapolant les corrélations du passé, ceux-ci semblent pouvoir expliquer les changements actuels. Donc l’effet de l’homme est minime.” Par cette démarche, ils n’étudient pas l’effet de l’homme, puisqu’ils l’excluent a priori.

    Prouver que quelque chose a un effet (démarche 1) a plus de poids à mon avis qu’essayer de prouver que quelque chose d’autre pourrait avoir un effet (car ils n’arriveront pas à le prouver sans modèle climatique, cf. mon analyse ci-dessus). Si la 1ere démarche fournit des preuves, là seconde ne peut , au mieux, que corriger ces preuves dans la marge de leurs incertitudes. Ou bien ils doivent montrer que ces preuves physiques sont fausses.

    Le problème, c’est que les climato-sceptiques n’arrivent pas à réfuter les arguments des autres, car ils ne cherchent même pas à le faire, n’envisageant pas de s’écarter de leur postulat (l’homme n’a a priori pas d’effet sur la nature). Ceci est visible dans les articles publiés par Courtillot, qui présentent ses arguments sans même essayer de réfuter ceux des autres. Il devrait prendre un peu de temps pour changer de perspective et essayer de montrer que l’homme a un effet. S’il y arrive, comme les autres, bingo ! un consensus sera établi. S’il échoue, c’est soit qu’il n’y arrive pas, soit que les autres ont fait une erreur, et ALORS SEULEMENT il pourra invalider leurs résultats !

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